Aider les malades (soins, accompagnement, citoyenneté)

améliorer la vie des malades en attendant la guérison.

Communiquer les savoirs auprès des familles, professionnels et du grand public.

S'informer et partager Ces outils sont indispensables pour poursuivre la mobilisation et aider les malades dans leur combat.

Les essais concernent des maladies

neurologiques, neuromusculaires, cardiaques, du sang, de la vue, de la peau, du système immunitaire, du vieillissement.

Guérir (recherche et développement de thérapies innovantes)

suivre les projets des recherches, les essais clinique par les expertises et des plateformes dédiées à la recherche translationnelle.

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vendredi 17 avril 2015

Paralysé, un patient remarche après une incroyable opération


Un patient paralysé a retrouvé l'usage de ses jambes après une transplantation de cellules nerveuses. Il est le premier au monde à avoir été soigné d'une déchirure totale des nerfs. Le nom de Darek Fidyka restera dans les annales de la médecine. Quatre ans après une agression au couteau qui l'avait privé de l'usage de ses jambes, il peut marcher à nouveau. Ceci, grâce à une transplantation nerveuse unique, réalisée il y a deux ans par des médecins polonais, dirigés par le docteur Pawel Tabakow. D'après l'article paru dans la revue Cell Transplantation, Darek Fidyka est la première personne au monde à se remettre d'une déchirure totale des nerfs de la colonne vertébrale. "Pour moi, c'est encore plus impressionnant que les premiers pas de l'homme sur la Lune," a commenté, à la BBC, le professeur Geoffrey Raisman de l'University College de Londres (UCL). Après de longs mois d'efforts et de rééducation, Darek Fidyka a maintenant retrouvé une vie presque normale. Il marche avec un déambulateur et a même pu reprendre le volant. "Quand ça commence à revenir, vous vous sentez revivre, comme si c'était une nouvelle naissance. C'est une sensation incroyable, difficile à décrire," a-t-il déclaré à la BBC, qui a eu un accès exclusif au patient et aux médecins. Des chirurgiens qui ont eu du nez Pour réaliser cette avancée, le docteur Tabakow a développé un traitement pendant 12 ans et a opéré Darek Fidyka à deux reprises. Les médecins ont transplanté des cellules nerveuses issues de la muqueuse de sa cavité nasale sur sa colonne vertébrale. Des cellules particulières, dites olfactives gliales engainantes (OEC). Leur pouvoir intéresse depuis longtemps les chercheurs. Elles ont la particularité d'encourager la régénération des neurones, au sein du système olfactif, mais aussi du système nerveux central. Transplantée dans la colonne vertébrale du patient, elles ont ainsi poussé les nerfs à se régénérer et ont permis de rétablir la connexion nerveuse. Le traitement des médecins polonais se base sur des travaux réalisés à l'UCL par Geoffrey Raisman et son équipe : "L'opération fournit un pont qui permet aux fibres nerveuses sectionnées de grandir au-dessus du vide," a-t-il expliqué repris par Le Point. D'autres transplantations à venir L'opération de Darek Fidyka a été en partie financée par la Fondation Nicholls des Blessures Vertébrales, créée par le chef cuisinier David Nicholls. Son fils est lui-même paralysé depuis un accident en 2003. D'après The Guardian, il a souhaité avant tout que cette opération en inspire d'autres. "L'information scientifique relative à cette avancée significative sera mise à la disposition d'autres chercheurs dans le monde entier afin que, ensemble, nous puissions nous battre pour enfin trouver un remède à cette situation qui prive les gens de leur vie", a t-il expliqué. Cette avancée n'a pourtant pas encore convaincu toute la communauté scientifique : "Seul un véritable essai (clinique) permettra de montrer que c'est bien (ce traitement) qui a refait fonctionner la moelle épinière," a déclaré, au Point, Alain Privat, chercheur de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale. Geoffrey Raisman compte bien confirmer ces résultats et espère voir trois personnes être opérées en Pologne d'ici 3 à 5 ans si les fonds nécessaires peuvent être levés.

En savoir plus : http://www.maxisciences.com/paralysie/paralyse-un-patient-remarche-apres-une-incroyable-operation_art33701.html
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mercredi 18 mars 2015

La loi Handicap a 10 ans : selon les associations de patients, peu de choses ont changé

Les associations de personnes handicapées ont fêté, à leur façon, les 10 ans de la Loi Handicap en manifestant leur colère dans toute la France. Insuffisamment appliquée, rabotée par une ordonnance de 2014 qui en limite l’impact, cette loi a eu relativement peu d’effets sur leur intégration dans la société.

La France reste donc le mauvais élève de l’Europe en terme d’égalité des droits et des chances des personnes handicapées.

Les volontés d'amélioration de la situation exprimées par le Secrétariat d'État aux personnes handicapées
 et le ministère de la santé à l'occasion de cet anniversaire se traduiront-elles par des mesures concrètes susceptibles de mieux aider les patients et leur entourage, confrontés à de terribles difficultés quotidiennes ?
Trop d'établissements encore inaccessibles aux personnes handicapées
Les associations de personnes handicapées, regroupées dans le Collectif pour une France accessible, ont manifesté dans une quarantaine de villes à l'occasion des 10 ans de la Loi n°2005-102 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Elles dénoncent le peu d'impact de cette loi et, surtout, son rabotage par l'Ordonnance du 26 septembre 2014.

Une accessibilité qui a peu évolué… et va continuer à stagner
Dix ans après une loi censée promouvoir l'accessibilité à tous lesétablissements recevant du public (ERP) en les obligeant à aménager des accès adéquats, seulement 40% des ERP ont fait les efforts nécessaires. Un chiffre tellement catastrophique que le gouvernement a dû publier une ordonnance (l'Ordonnance du 26 septembre 2014) pour éviter que les ERP contrevenants ne soient sanctionnés financièrement.

Cette ordonnance, vécue comme un recul, voire une insulte par les personnes handicapées, octroie des délais supplémentaires de 3, 6 ou 9 ans (selon le type d'ERP) pour effectuer les aménagements nécessaires. Face à la colère des associations qui ont saisi le Conseil d'État, le gouvernement a précisé que le délai le plus court s'appliquait à 80% du parc des ERP et que tous les ERP non accessibles devaient publier, avant septembre 2015, un "Document de programmation"pour annoncer la date et la nature des travaux prévus.

Un marché de l'emploi encore réfractaire aux personnes handicapées
En France, ce sont 1,4 millions d'hommes et 1,1 millions de femmes qui bénéficient désormais de la Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH). Parmi ces personnes, 48 % souffrent d'un handicap moteur, 14% d'un handicap psychique et 13% d'un handicap sensoriel.

Le chômage touche fortement les personnes handicapées: 428000 personnes ayant la RQTH sont sans emploi, soit 22% de cette population, un taux 2 fois plus élevé que celui de la population valide. Au total, ce sont 371000 personnes handicapées qui travaillent dans le secteur privé, 197000 dans le secteur public et 159000 en milieu professionnel protégé (par exemple les ESAT).

Face à l'obligation, pour les entreprises, d'avoir 6% de leur effectif salarié composé de personnes ayant la RQTH, le secteur privé fait mauvaise figure: seulement 3,1% de salariés handicapés en 2011, contre 4,9% pour le secteur public en 2014. Dans la fonction publique, la Territoriale fait figure de bon élève avec presque 6% et l'Éducation nationale est à la traine.

Si les effets de la Loi de 2005 sur l'emploi des personnes handicapées sont globalement positifs (une augmentation de 60% du nombre de salariés handicapés en 10 ans, comme le rappelle le ministère de la santé dans un communiqué), les associations tempèrent cet optimisme en précisant qu'il s'agitessentiellement de l'acquisition de la RQTH par des personnes qui étaient en poste en 2005, plutôt que de nouvelles embauches.

Un système éducatif qui peine encore à intégrer les élèves handicapés
Le rapport du gouvernement sur la mise en œuvre de lapolitique nationale en faveur des personnes handicapées, publié en février 2012, pointe uneaugmentation de 33% du nombre d'élèves handicapés scolarisés en milieu ordinaire, entre 2005 et 2010. Ce sont 210000 élèves et 18000 étudiants handicapés qui fréquentent désormais les établissements scolaires et universitaires.

Ce résultat positif doit être tempéré par le fait que la plupart des élèves handicapés ne fréquentent ces établissements que quelques heures par semaine et, surtout, que la grande majorité d'entre eux ne sont plus pris en charge par le système éducatif général à partir de l'âge de 16ans.

Des associations vent debout contre un recul programmé de la loi Handicap
Outre la saisine du Conseil d'État, le Collectif pour une France accessible a écrit une lettre ouverte au Président de la République pour dénoncer les effets catastrophiques de l'Ordonnance du 26 septembre 2014. Elles dénoncent lesexceptions trop nombreuses accordées aux ERP en terme d'accessibilité et font valoir que cette ordonnance les prive du Droit d'accès aux transports publics inscrit dans la Loi de 2005.

Elles font appel aux Parlementaires pour qu'ils refusent de ratifier cette ordonnance et exigent sa réécriture pour éviter qu'elle ne neutralise complètement les avancées obtenues en 2005.

Des mesures annoncées par le Secrétariat d'État aux personnes handicapées et le ministère de la santé
En réaction à la colère des associations, le Secrétariat d'État aux personnes handicapées a annoncé une mobilisation des Agences régionales de santé(qui aujourd'hui ne cherchent pas à identifier les besoins spécifiques des personnes handicapées), des amendements pour améliorer le fonctionnement des Maisons départementales des personnes handicapées(MDPH, chargées de coordonner localement les aides de l'État), ainsi que la mise en place du tiers-payant pour les aides techniques nécessaires aux personnes handicapées (qui aujourd'hui doivent avancer ces dépenses).

Mais malgré ces promesses, auxquelles il faut rajouter celles du ministère de la santé -"nouvelle impulsion" sur l'accessibilité, renforcement des accompagnements, du nombre de places en ERP, promotion d'une "société inclusive"-, 10ans après l'adoption de la Loi Handicap, force est de constater quela France est encore à la traîne des États-membres de l'Union européenne en matière d'égalité et d'intégration des personnes handicapées dans la société.

Ce retard est malheureusement symbolisé par cette Ordonnance de 2014, qui marque un net recul par rapport à ce que ces personnes sont en droit d'attendre. Le gouvernement et les parlementaires entendront-ils les doléances des associations de patients handicapés ?

Pour en savoir plus :
La lettre ouverte au Président de la République du Collectif pour une France accessible, via Huffington Post, 10 février 2015.
Lecommuniqué de presse du ministère de la santé à l'occasion des 10 ans de la Loi Handicap, sante.gouv.fr, 11 février 2015
La Loi n°2005-102 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, legifrance.gouv.fr,11 février 2005
L'Ordonnance n° 2014-1090 relative à la mise en accessibilité des établissements recevant du public, des transports publics, des bâtiments d'habitation et de la voirie pour les personnes handicapées,legifrance.gouv.fr,26 septembre 2014
La présentation de l'Ordonnance Accessibilité en Conseil des ministres, sante.gouv.fr, 25 septembre 2014
Le Rapport du gouvernement sur la mise en œuvre de lapolitique nationale en faveur des personnes handicapées, ladocumentationfrancaise.fr, février 2012.

mardi 20 janvier 2015

Myopathie de Duchenne (DMD) : premier patient traité à l'Institut de Myologie




C'est la première étude à doses multiples chez l'humain pour évaluer la sécurité, la tolérance, l'efficacité et les paramètres pharmacocinétiques du SRP--4053 chez des patients atteints de DMD porteurs de délétions de l'exon 53.
L'étude sera menée dans 4 sites en Europe (Rome, Londres, Newcastle Upon-Tyne et Paris à l'Institut de Myologie) dans le cadre d'un contrat de consortium entre Sarepta et plusieurs hôpitaux, institutions et scientifiques européens. Elle pourra compter jusqu'à 48 patients, des garçons de 6 à 15 ans, et devra être close en décembre 2016.
Un essai appuyé par le Réseau français des cliniciens
Le recrutement des patients français dans les essais cliniques en général, et celui-ci en particulier, s'appuie sur le Réseau français des cliniciens qui identifient et assurent le suivi de l'histoire naturelle de la maladie pour chaque patient pouvant théoriquement être traité par saut de l'exon 53.
"Nous sommes très heureux que le premier patient ayant reçu ce nouveau médicament qui induit le saut de l'exon 53, ait pu en bénéficier ici, à Paris" a précisé Laurent Servais, Neuropédiatre et Responsable des essais cliniques et bases de données de l'Institut de Myologie

lundi 29 décembre 2014

Efficacité d’un traitement innovant de thérapie génique dans le modèle canin de la dystrophie musculaire de Duchenne

Une collaboration impliquant trois laboratoires initiés et soutenus par l’AFMTéléthon,
Atlantic Gene Therapies (AFM-Téléthon, Inserm UMR 1089, Université de
Nantes, CHU de Nantes), Généthon (Evry) et l’Institut de Myologie (Paris), a permis
de démontrer l’efficacité d’un traitement innovant de thérapie génique chez le
modèle canin de la dystrophie musculaire de Duchenne. Ces travaux, publiés
dans la revue américaine Molecular Therapy du mois de novembre, ont été
financés en majeure partie par les dons du Téléthon. Ils ouvrent la voie à la mise
en place d’un essai clinique chez l’Homme.

La dystrophie musculaire de Duchenne est la maladie neuromusculaire la plus fréquente
de l’enfant (1 garçon sur 3500 à 5000 naissances). Elle est due à une anomalie génétique
dans le gène DMD, sur le chromosome X, entraînant l'absence d'une protéine
indispensable au bon fonctionnement des muscles, la dystrophine.

Le traitement développé par les chercheurs d’Atlantic Gene Therapies, de Généthon et
de l’Institut de Myologie, est basé sur l’utilisation d’un vecteur AAV (Adeno Associated
Virus) portant un transgène permettant le saut d’un exon1 spécifique et la production de
dystrophine dans le muscle du malade.

Sécurité, efficacité et stabilité du traitement chez le chien

Chez le chien GRMD (Golden Retriever Muscular Dystrophy), le traitement a visé le saut
des exons 6, 7 et 8 du gène de la dystrophine. Le produit a été administré par voie
locorégionale dans les pattes antérieures des 18 chiens qui ont été suivis pendant 3,5 mois
après l’injection. Il a été bien toléré par tous les chiens traités, aucune réponse immunitaire
contre la dystrophine synthétisée n’ayant été observée. Le saut des exons s’est traduit par
des niveaux élevés d’expression de la dystrophine dans les muscles traités. Les résultats
des travaux indiquent également que ce traitement, une fois injecté, produit dans le tissu
musculaire un effet prolongé et stable dans le temps d’observation de l’étude et, contrairement aux oligonucléotides antisens déjà utilisés en clinique pour le saut d’exon, il
ne nécessite pas d’être ré-administré régulièrement. La synthèse de « nouvelle »
dystrophine est dépendante de la dose de vecteur injectée : plus la dose est forte et plus
le saut d’exon est efficace. La force musculaire augmente également avec la dose
injectée. 80 % des fibres musculaires expriment la « nouvelle » dystrophine avec la dose la
plus élevée. Un résultat extrêmement encourageant car une expression minimum de 40 %
de la dystrophine dans les fibres musculaires est nécessaire pour que la force soit
réellement améliorée.

Vers un essai clinique de phase I/II

Ces résultats ouvrent la voie à la mise en place d’un essai de phase I/II qui visera à traiter,
par voie locorégionale, le membre supérieur de personnes atteintes de dystrophie
musculaire de Duchenne non ambulantes et dont la dystrophine peut être corrigée par le
saut spécifique de l’exon 53. Les études de toxicologie et biodistribution réglementaires
viennent de s’achever et le dépôt d’un dossier auprès des autorités réglementaires est
prévu pour 2015.

Atlantic Gene Therapies, Généthon et l’Institut de Myologie sont membres de l’Institut des
Biothérapies des maladies rares, créé par l’AFM-Téléthon. Avec plus de 600 experts à
Nantes, Paris et Evry, c’est une force de frappe unique pour la mise au point et le
développement de la thérapie génique des maladies rares.

Ces travaux ont également bénéficié de financements dans le cadre du programme
ADNA (Advanced Diagnostics for New Therapeutic Approaches), un programme dédié
au développement de la médecine personnalisée et soutenu par la Banque Publique
d’Investissement.

jeudi 27 novembre 2014

La fabrication de neurones moteurs humains à partir de cellules souches s'accélère

Des chercheurs d'I-stem ont réussi à accélérer le processus de fabrication des neurones moteurs pour avancer plus rapidement dans la compréhension de maladies telles que l'amyotrophie spinale ou la Sclérose latérale amyotrophique (SLA).




Des chercheurs de l'Institut des cellules Souches pour le Traitement et l'Etude des maladies Monogéniques (I-Stem - Inserm/AFM/UEVE), en collaboration le CNRS et l'Université Paris Descartes, viennent de développer une nouvelle approche pour mieux contrôler la différenciation des cellules souches pluripotentes humaines et ainsi fabriquer en seulement 14 jours différentes populations de motoneurones à partir de ces cellules. 

Les motoneurones qui innervent les fibres musculaires sont essentiels à la motricité. Leur dégénérescence dans de nombreuses pathologies entraine une paralysie et dans de nombreux cas le décès des patients. 
Les cellules souches pluripotentes humaines ont la capacité de donner naissance à toutes les cellules de l’organisme. Comprendre et contrôler leur potentiel de différenciation in vitro offre des opportunités sans précédent à la fois en médecine régénératrice mais également pour avancer dans l'étude des mécanismes physiopathologiques et la recherche de stratégies thérapeutiques. Cependant, le développement et la concrétisation de ces applications cliniques sont souvent limités par l’incapacité à obtenir, de manière efficace et ciblée, des cellules spécialisées telles que les neurones moteurs à partir de cellules souches pluripotentes humaines. Cette inefficacité est en partie due à une mauvaise compréhension des mécanismes moléculaires contrôlant la différenciation de ces cellules.
Les chercheurs de l'Inserm à l'Institut des cellules Souches pour le Traitement et l'Etude des maladies Monogéniques (I-Stem - Inserm/AFM/UEVE) en collaboration le CNRS et l'Université Paris-Descartes ont développé une approche innovante pour étudier la différenciation des cellules souches humaines et ainsi produire de façon optimale de multiples types cellulaires.
"La différenciation ciblée des cellules pluripotentes humaines est souvent un processus long et peu efficace. C'est le cas pour obtenir des neurones moteurs qui sont pourtant touchés dans de nombreuses maladies. Aujourd'hui, nous obtenons ces neurones avec notre approche en seulement 14 jours, quasiment deux fois plus vite qu’auparavant, et ceci avec une homogénéité rarement atteinte." explique Cécile Martinat, chargée de recherche Inserm à l'I-Stem.
L’approche devrait à moyen terme contribuer à mettre au point des traitements pour de maladies paralysantes telles que l’amyotrophie spinale infantile ou la sclérose latérale amyotrophique."Disposer rapidement de grandes quantités de neurones sera utile pour tester un nombre conséquent de molécules pharmacologiques en vue d'identifier celles qui sont capables d’éviter la mort des motoneurones" conclut Cécile Martinat.

vendredi 7 novembre 2014

Un ingénieur invente sa propre prothèse bionique


Un ingénieur de la célèbre université américaine du MIT a fabriqué sa propre jambe bionique à partir de bois et de métal tout simplement. Sa prothèse lui permet d’effectuer des gestes si naturels que l’on pourrait croire que cette personne est valide.
Hugh Herr est un inventeur heureux. L’entendre parler de son handicap est une véritable leçon de vie pour tous. Après avoir perdu l’usage de ses deux jambes à l’adolescence au cours d’une excursion en montagne qui a mal tourné, il ne voit plus l’avenir tout à fait pareil.
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Cet ingénieur / designer / directeur du laboratoire de biomécatronique du MIT a créé sa propre entreprise, BiOM, spécialisée dans les membres bioniques, et anciennement appelée iWalk. En s’appuyant sur le matériel de son laboratoire, imprimantes 3D et logiciels de CAO entre autres, il a créé cette prothèse avancée possédant deux microprocesseurs et douze capteurs.
Encore au stade de prototype, ce robot permet d’effectuer des gestes naturels mais ne permet pas à son utilisateur de ressentir des sensations. Il faudra encore un peu de temps aux chercheurs avant de pouvoir relier l’appareil au système nerveux de son porteur.
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Mais dès cette version, Hugh Herr a tenu à développer un produit adaptable à toutes les personnes et facile à porter. Il n’y a pas de mode d’emploi, se plait à rappeler son inventeur.
Le système se base sur une intelligence artificielle qui interprète les informations des capteurs pour maintenir en équilibre la personne sans qu’elle n’ait à produire aucun effort.
Pour l’instant, Hugh Herr a créé huit différentes paires de jambes bioniques pour des usages spécifiques : une pour marcher, une autre pour la course ou encore une pour l’escalade en montagne. Dans l’idéal, il envisage de combiner ces différentes prothèse en une seule capable d’être polyvalente.
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Une prochaine étape consistera à développer une nouvelle batterie pour améliorer les performances de l’appareil capable d’atteindre actuellement une limite de trois mille pas. Même objectif au niveau des joints : renforcer leur durée de vie ne dépassant pas les cinq ans sur le modèle actuel.
Le MIT et Biom ont investi 50 millions de dollars dans ce projet. Ils étudient également des modèles d’exosquelettes qui se connectent au corps humain de manière moins contraignante qu’une prothèse bionique. Une fois validés, le MIT compte mettre à disposition les codes et les modèles 3D de ses membres robotisés pour élargir l’accès à tous. (Lire notre article sur la robotique pour tous au MIT).
Hugh Herr est persuadé que dans un futur proche, être handicapé ne signifiera plus rien. Il pense que les gens comme lui assumeront leur handicap et seront même fiers de porter ce type de prothèses.

Cybathlon : les premières olympiades pour athlètes bioniques en 2016


La première compétition de Jeux Bioniques va avoir lieu en 2016 en Suisse. Il s’agira de la toute première fois que s’affronteront des athlètes de haut niveau augmentés par des prothèses bioniques. L’objectif principal est de sensibiliser les foules aux potentiels des membres artificiels.
La technologie et le sport ont toujours fait bon ménage. Ces dix derniers années, on a vu poussé sur les terrains, les pistes d’athlétisme et les piscines des nouveaux équipements bénéficiant des dernières avancées en matière d’aérodynamisme et de capteurs.
Des performances augmentées à la tricherie il n’y a qu’un pas. La frontière est si mince que certains commencent à se poser des questions. A partir de quel moment la technologie prend le pas sur les performances véritables de l’athlète ? Dans quelle mesure un athlète augmenté est-il favorisé par rapport à un athlète valide ?
Ainsi, nous avons connu des jours comme ce 4 août 2012 où un athlète est entré dans l’histoire. Oscar Pristorius. Ce jour là, il devient le premier athlète amputé à courir aux côtés d’athlètes valides dans l’épreuve du 400 mètres aux Jeux olympiques de Londres. Plus récemment, pendant les J.O. d’hiver 2014 de Sotchi, certains juges se sont plaint des équipements de certains athlètes jugés trop augmentés grâce à une technologie de nanofibres imaginée par les ingénieurs de Lockheed Martin.
Au fur et à mesure que la technologie assistive progresse, il va être de plus en plus difficile de distinguer les performances de chacun. En particulier chez les athlètes handicapés qui utilisent déjà, pour la grande majorité d’entre eux, des prothèses artificielles. Mais attention : les handisports sont réglementés et les athlètes n’ont pas le droit de porter n’importe quel type de membre artificiel, pour assurer une équité entre tous les participants.

Cybathlon : la médaille d’or pour la technologie

La Suisse accueillera donc dans deux ans, la première compétition olympique pour cyborgs, le Cybathlon, qui aura lieu à Zurich, le 8 octobre 2016. La compétition a pour objectif de promouvoir les biotechnologies au sens large et toutes les formes de vies augmentées.
Pour chaque épreuve du Cybathlon, deux médailles seront décernées : une à l’athlète et l’autre pour l’équipe de recherche ou l’entreprise qui aura fabriqué le système d’assistance robotisé. Celui-ci pourra être une prothèse myoélectrique, dont le fonctionnement est assuré par des électrodes recueillant les contractions musculaires de l’athlète, un exosquelette, un fauteuil roulant, ou encore des technologies plus futuristes comme les interfaces cerveau-machine.
L’évènement est soutenu, entre autres, par le Pôle de Recherche National Suisse en Robotique, le NCCR Robotics.

Les six épreuves du Cybathlon en illustration

L’épreuve pour bras bioniques
Les coureurs amputés de l’avant-bras ou du bras seront équipés d’exoprothèses et devront effectuer deux parcours avec obstacles le plus rapidement possible.
cybathlon
L’épreuve BCI brain computer interface
Dans cette épreuve, les participants tétraplégiques seront équipés d’interfaces cerveau-machine qui leur permettront de contrôler un avatar avec la pensée. L’avatar virtuel participera à un jeu vidéo de course à cheval ou de voitures.
epreuve bci
La course de cyclisme
Pour les participants souffrant de traumatismes médullaires, une course de vélo avec des appareils à stimulation électrique fonctionnelle aura lieu. Ce type d’appareil permet aux personnes malades d’effectuer des mouvements de pédalage en position couchée.
course velo
L’épreuve d’athlétisme
L’épreuve reine sera également représentée : une course pour les personnes portant des jambes bioniques. La piste comportera même des obstacles.
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Course d’exosquelettes
Les personnes marchant à l’aide d’un exosquelette pourront participer à cette course où des obstacles tels que des marches, un tronc d’arbre ou des terrains inclinés les attendront.
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Course de fauteuils roulants
Les personnes sur fauteuil roulant électrique pourront se mesurer au cours d’un parcours où des portes seront à franchir et des obstacles à éviter.
fauteuil
Les personnes concourant avec des technologies récentes auront un certains avantage sur leurs adversaires qui utiliseraient une technologie d’assistance moins avancée ou classique, précisent les organisateurs du Cybathlon. Afin d’encourager un maximum de constructeurs et de laboratoires de recherche, les spécifications techniques exigées seront peu contraignantes.
Le Cybathlon va concrétiser ce que des projets comme Exo-Racers et Prosthesis ont imaginé : de véritables courses de robots. Voici le film de présentation : A vos marques, prêts, feu, partez !